Appel à communication "BD et environnement : les temps enfiévrés (1960-2010)"

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Appel à communication "BD et environnement : les temps enfiévrés (1960-2010)"

Organisée dans le cadre du Réseau Régional de Recherche sur la Bande Dessinée de Nouvelle Aquitaine « 3RBD »

Depuis plus de trente ans, la question climatique, débattue sur la scène internationale, a conduit à l’émergence d’un vaste champ de recherche en transition studies (encore appelées en France transitions écologiques) se consacrant à l’étude des dynamiques de restructuration des systèmes liées aux politiques de transition durable de type « post-crise ». Ainsi, les recherches scientifiques couplant les effets de la transition physique de la planète consécutifs au changement climatique avec ses conséquences sociales se multiplient-elles, interrogeant notamment tous les grands champs des sciences humaines et sociales. Si l’étude des changements globaux sur le temps long est très sollicitée par les sciences dites exactes, la capacité à prévoir le futur et donc à anticiper les changements sociaux devient cruciale pour les décideurs politiques. La constitution en 2019, sous les auspices du ministère des Armées d’un groupe de « réflexion » du nom de Red Team Défense participe alors de ces efforts de prospective : réunissant une dizaine d’auteurs et de scénaristes de science-fiction travaillant avec des scientifiques et des experts militaires, il a pour objectif de faire émerger des scénarios s’attachant à anticiper des risques environnementaux, technologiques, économiques et sociétaux susceptibles, à l’horizon 2030-2060, d’engendrer différents types de conflictualités potentielles. Et parmi les « experts » de la société civile réunis, le monde de la bande dessinée est représenté par le scénariste Xavier Dorison (Le Troisième Testament, Long John Silver, Le Château des animaux, Undertaker, entre autres) et le dessinateur François Schuiten (Les Terres creuses, Les Cités obscures). En effet, la BD constitue un vaste réservoir d’univers, de conceptions du monde et de la société, de visions du présent et de l’avenir, souvent construits sur la base d’éléments existants ou en émergence.


Les préoccupations « naturalistes » incorporent progressivement le champ de la BD dans les années 1960, sous le biais de deux facteurs : d’une part, la sensibilisation aux questions de préservation (et gestion) de la Nature s’ouvre à un plus large public, par le biais notamment de la médiatisation des catastrophes majeures d’origine anthropique provoquant alors de fortes répercussions sur les milieux dits naturels et la société2 ; d’autre part, l’apparition puis le renforcement d’une nouvelle offre éditoriale en direction d’un public adulte3 favorisent de nouveaux thèmes traités par la BD, dont le grand domaine de l’environnement. Comme le soulignait en 1982 Louis Gérard (alors directeur d’édition chez Casterman), les hebdomadaires illustrés « jeunesse » qui s’étaient multipliés en France après 1945 avaient « légué » des lecteurs adultes, engendrant « une première explosion de la BD vers 1969-1970 » 4 , suivie d’une décennie faste pour ce champ de l’édition.


Cet appel à communication vise plus particulièrement à étudier le traitement des questions environnementales par le grand domaine de la Bande Dessinée durant les temps pré transition studies « toutes puissantes », à savoir avant 2010. En effet, de nos jours et pour le cas français, nombreuses sont les controverses environnementalistes traitées par le support BD : citons entre autres le développement « inexorable » des algues vertes nappant les plages bretonnes (Inés Léraud, Pierre Van Hove, Algues vertes – l’histoire interdite, la revue dessinée/Delcourt, 2019), les ravages sanitaires découlant des épandages massif dans les Antilles françaises de chlordécone entre 1973 et 1992 (Jessica Oublié, Vinciane Lebrun, Katherine Avraam et Nicola Gobbi, Tropiques toxiques – le scandale du chlordécone, Les Escales, 2020) ou encore le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Gaspard d’Allens, Pierre Bonneau, Cécile Guillard, Cent mille ans – Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires, la revue dessinée/Seuil, 2021 ; Étienne Davodeau, Le Droit du sol – journal d’un vertige, Futuropolis, 2021).


Ainsi, par exemple, si le rôle fondateur joué en France par le dessinateur Pierre Fournier (1956-1973) a été déjà étudié5 , beaucoup reste à faire. Par exemple, les scénarios des BD publiées dans les années 1970 (« albums » comme « illustrés » reflètent-ils les thématiques interrogées par la toute jeune écologie politique, incarnée par la candidature de René Dumont aux élections présidentielles du printemps 1974 ? Retrouve-t-on dans leurs pages la contestation de l’extension du camp militaire du Larzac, du « tout voiture », des habitats collectifs de type « grands ensembles », le traumatisme réel engendré en Bretagne par le naufrage de l’Amoco-Cadiz (1978) ou encore les mobilisations populaires contre la construction des centrales nucléaires (Fessenheim, 1971 ; Bugey, 1971 ; Plogoff, 1978-1981 ; Port-de-Lanne, 1980 ; Golfech, 1980-1981 ; etc.) ? Et ces événements, alors largement médiatisés, sont-ils à l’origine de nouvelles fictions ?


De même, le I er Sommet de Terre tenu à Stockholm (juin 1972) initiant une première collaboration internationale dédiée à l’amélioration des conditions de vie (« Une seule
Terre ») et aboutissant au lancement du Programme des Nations Unies pour l’Environnement a-t-il eu un retentissement direct sur les productions de bandes dessinées ? Et quelque vingt ans plus tard, quels furent sur ce même plan les effets du Sommet de la Terre de Rio-de- Janeiro qui assura une promotion formidable à la notion de sustainable development (développement durable « en français de France » vs développement soutenable pour les Québécois) ?


Au final, les organisateurs ne souhaitent pas restreindre le type éditorial des bandes dessinées étudiées (des albums traditionnels aux mangas en passant par la grande diversité
des « illustrés » : hebdomadaires, mensuels et autres fumetti – « BD de hall de gare »), ni les genres visés (SF, anticipation, « réaliste », westerns, super-héros, etc.) et encore moins les pays d’édition et/ou d’origine des auteurs.

Voir l'appel à communication

Comité d’organisation


Julie Gallego, maîtresse de conférences de latin à l’UPPA (laboratoire ALTER)
Laurent Jalabert, professeur d’histoire contemporaine à l’UPPA (laboratoire ITEM)
Jean-Yves Puyo, professeur de géographie à l’UPPA (laboratoire TREE)

Calendrier


Ouverture de l’appel à participation : I er juin 2022


Les propositions de communications sont à envoyer aux adresses suivantes :


julie.gallego @ univ-pau.fr

laurent.jalabert @ univ-pau.fr

jean-yves.puyo @ univ-pau.fr


Le résumé (fichier .doc, .docx, .odt ou pdf) sera présenté en 500 mots +/-10%, en Times New Roman, taille 12, avec maximum trois illustrations. Le corpus retenu sera indiqué avec précision.
Les propositions feront figurer les coordonnées précises du ou des auteur(e)s (nom, prénom, université, adresse électronique et numéro de téléphone), ainsi qu’une courte bio-bibliographie de 10 lignes maximum présentant l’auteur et ses principales recherches en lien avec la bande dessinée.


Réception des propositions jusqu’au 15 juillet 2022


Retour aux participant(e)s vers le 25 juillet 2022


Journée d’étude : 2 décembre 2022 à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (campus de
Pau)