L’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques, 21éme édition
Du 27 avr. au 26 juin 2026

Journées scientifiques, éducatives et culturelles organisées par l’Association PauSES en partenariat avec l’UPPA (SAPS-ITEM-TREE) + ITS - Lycées-Mairie de Lasseube
L’œuvre de Pierre Bourdieu en pratiques, 21éme édition
Thème : « Questions environnementales et classes sociales » (27-30 avril, fin juin 2026) – Pyrénées-Atlantiques)
Argument scientifique
Depuis 2003 notamment, l’UPPA à travers notamment le laboratoire ITEM, développe les actions culturelles, pédagogiques et scientifiques, notamment en sciences sociales sur le territoire des Pyrénées-Atlantiques en partenariat avec les lycées (à travers l’inspection académique), les collectivités territoriales et les associations culturelles ; cela s’est traduit par la signature d’une convention partenariale qui vient d’être renouvelée pour cinq ans.
L’objectif principal de rassembler et de sensibiliser sur le territoire du Département des Pyrénées-Atlantiques, les professionnel-le-s de la sociologie et des sciences sociales, de l’enseignement du secondaire, du supérieur (UPPA à travers ses formations (notamment la sociologie et l’histoire,) ses laboratoires de recherches, (notamment ITEM et TREE), de l’Institut du Travail Social, ainsi que les lycéen-ne-s, le tissu associatif des territoires, et potentiellement toute-s les citoyen-ne-s sur les questions de société et d’éducation populaire. Il s’agit ainsi de :
- Renforcer les interactions entre la science et la société.
- Contribuer à la diffusion scientifique sous la forme de l’éducation populaire avec la mise à disposition des bandes dessinées sur la sociologie de Bourdieu
L’impact des questions environnementales sur le devenir des populations aux échelles locales et globales, ainsi que sur les manières des chercheur-e-s d’appréhender les dimensions sociales retient de plus en plus l’attention des collectifs sociaux, de la société civile et des décideurs. La multiplication des actions collectives des mouvements sociaux en faveur de la protection de la bio-diversité, de même que l’éducation citoyenne amène à questionner ensemble, la question sociale et la question environnementale du fait des inégalités sociales d’accès aux ressources de la nature, aux biens d’équipements et pour faire face aux conséquences des dérèglements écologiques et des actions humaines. C’est dans cette préoccupation scientifique et sociétale que l’école universitaire de recherche de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) s’est fixée pour objectif de former des chercheur-e-s éclairé-e-s sur les enjeux de l’énergie et de l’environnement, aptes à appréhender leur complexité et à proposer des solutions innovantes face aux enjeux des transitions. Le partenariat que l’UPPA a signé entre autre avec les acteurs et actrices travaillant sur le territoire, à l’instar avec l’Association PauSES, les établissements scolaires, l’Institut du Travail Social -Pierre Bourdieu, les associations lasseuboises et les collectivités territoriales s’inscrit dans cette dynamique scientifique et responsable d’écologie sociale permettant notamment de concilier développement, environnement sécurisé et biodiversité préservée ; de représenter et construire les territoires du futur.
En effet, de nos jours, sans doute plus que jamais, l’idée de sens commun d’une nature appréhendée autour d’une opposition entre le naturel et l’artificiel, le sauvage et le domestique, la nature et la culture est particulièrement remise en cause par la globalisation des questions environnementales ; telles le réchauffement climatique, les tempêtes, la sécheresse, l’effet de serre, les inondations, les incendies, la famine, l’insécurité alimentaire, la pollution, les contaminations, etc., qui conduisent au détraquement de la biosphère, à la crise de l’environnement naturel, social, politique et économique. Précisément, ce qui caractérise aujourd’hui la question environnementale c’est l’effacement accentué du partage entre le naturel et le social dans la réalité, dont la représentation du monde ; en ce sens que les problèmes environnementaux sont des problèmes socio-économiques, et que ce sont les activités de la vie sociale qui, depuis l’âge industriel agissent sur le naturel et le dégradent. D’où l’idée de crise environnementale, souvent utilisée, et depuis 1990 notamment, la notion « d’anthropocène », employée en partage aussi bien par les géologues, les chimistes que les chercheur-e-s en sciences humaines et sociales pour caractériser la nouvelle époque géologique résultant de l’impact des actions humaines dans les processus bio-géo- chimiques1. 2. Avec bien sûr, advenus le plus récemment, les impacts environnementaux aussi bien que sociaux, économiques, culturels, politiques, que ne manque pas d’induire la rapide diffusion mondiale des outils de l’ « intelligence artificielle ».
Dans un tel contexte, comment les sciences sociales et humaines, notamment la sociologie peuvent-elles, à travers des questionnements, des analyses, apporter leur part de réponses aux attentes des collectifs sociaux, des classes sociales et des individus en quête de sens ? Particulièrement, il apparaît indispensable scientifiquement d’ « explorer ,la condition écologique des classes sociales », i.e. in fine, « rapports sociaux de domination qui s’expriment via les inégalités écologiques comme à travers les politiques pour y remédier »3
Comment alors et de quelle manière instaurer de nouveaux rapports des humains à la collectivité, à leur environnement ? Avec la globalisation des questions environnementales l’idée de justice environnementale permet-elle de répondre de manière efficace à une meilleure articulation entre le social et l’environnemental ? Sur ce plan aussi, il est nécessaire socio-anthropologiquement, d’observer et d’analyser « les mobilisations sociales et les recompositions des rapports de classe »4 qu’elles induisent autant qu’elles les supposent. Il y a à questionner les « luttes pour la définition d’une vision légitime de l’écologie susceptibles de recomposer les rapports de domination, en produisant de nouveaux antagonismes mais aussi de nouvelles alliances de classe »5, nouvelles alliances vraisemblablement indispensables pour lutter efficacement contre les dérèglements environnementaux.
Les activités scientifiques, pédagogiques et culturelles se dérouleront du 27 au 30 avril 2026, puis fin juin, aussi bien à l’UPPA, dans les médiathèques du Département des Pyrénées-Atlantiques que dans les lycées Louis Barthou (Pau), Supervielle (Oloron Sainte-Marie), à l’ITS-Pierre Bourdieu, au lycée professionnel Aïzpurdi d’Hendaye, et dans la salle Bourdieu de la Mairie de Lasseube. Les intervenant-e-s seront de l’UPPA (ITEM et TREE), les 5 invité-e-s en provenance d’autres universités françaises et des associations culturelles des Pyrénées-Atlantiques.
1 Paul Crutzen, « L’anthropocène » in Ecologie et politique N° 34, Paris 2007, pp. 143-148.
2 Paul Crutzen, « L’anthropocène » in Ecologie et politique N° 34, Paris 2007, pp. 143-148.
3 in ARSS 255 12/2024 Ecologie et domination Seuil/EHESS, p 5
4 in ARSS 256 04/2025 Ecologie et domination Seuil/EHESS, p 5
5 Ibidem
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