AAC - Pratiques sportives majoritaires, modèles de performance et expériences minoritaires (1960-2020)
Le 1 sept. 2026

Pratiques sportives majoritaires, modèles de performance et expériences minoritaires (1960-2020)
Université de Pau et des Pays de l'Adour, 10-11 décembre 2026
Dans un contexte d’uniformisation croissante des modèles performatifs, les pratiques sportives majoritaires constituent aujourd’hui bien davantage que de simples espaces de compétition. Elles sont des arènes de négociation des mémoires et d’expressions d’identités diverses (régionales, sociales, de genre, ethnoculturelles, etc.). À l’intersection des dynamiques économiques transnationales et des ancrages locaux, les terrains sportifs apparaissent comme des laboratoires privilégiés d’observation des tensions contemporaines entre mondialisation et différenciations culturelles.
Les sports dits « globaux » (comme le football, le basketball, le rugby ou l’athlétisme) mais aussi les pratiques physiques traditionnelles circulent désormais dans des espaces structurés par des logiques de spectacularisation et de standardisation des performances. Cette circulation produit des formes d’uniformisation des pratiques, des normes corporelles et des imaginaires de la réussite sportive. Les modèles dominants de performance tendent ainsi à s’imposer comme référentiels universels, redéfinissant les hiérarchies symboliques et les modalités de reconnaissance.
Pourtant, loin de dissoudre les appartenances locales, ces dynamiques contemporaines génèrent simultanément des processus de recomposition. Les communautés nationales, migrantes, régionales ou minoritaires investissent les sports dominants et/ou revalorisent « leurs » pratiques physiques pour affirmer leur visibilité, négocier leur place dans l’espace public et reformuler leurs récits collectifs. Les pratiques sportives et corporelles deviennent ainsi des vecteurs de transmission mémorielle, des supports d’identification et des ressources politiques.
Cette journée d’étude propose d’interroger les processus par lesquels les minorités – nationales, migrantes, ethnoculturelles ou régionales, mais aussi de genre – s’approprient, contestent ou subvertissent les sports majoritaires depuis les années 1960, considérées comme temps d’accélération de la globalisation du sport mais aussi d’affirmation des contestations minoritaires à une échelle nouvelle. Entre stratégies de mise en visibilité médiatique et dynamiques de glocalisation, il s’agira d’analyser comment les acteurs transforment les cadres sportifs globaux pour les inscrire dans des contextes culturels, nationaux et internationaux spécifiques. Les sports globaux ne sont jamais simplement importés : ils sont resignifiés, hybridés, reterritorialisés dans et face aux états-nations.
Plusieurs questions structurent cette réflexion :
- Comment les normes performatives dominantes participent-elles à la production ou à la reproduction de hiérarchies sociales et ethnoculturelles ?
- Quelles formes de violence sont associées à ces formes de domination ?
- De quelle manière les dispositifs de médiatisation (médias traditionnels, réseaux sociaux, plateformes numériques) contribuent-ils à la mise en visibilité ou à l’invisibilisation de certaines communautés ?
- Comment les minorités mobilisent-elles le sport et les pratiques physiques comme espaces de reconnaissances symboliques et politiques ?
- En quoi les ancrages régionaux reconfigurent-ils la circulation globale des pratiques sportives ?
- De quelles façons les compétitions majeures apparaissent-elles comme des espaces propices à la visibilisation minoritaire ?
En interrogeant différentes notions – mémoire, communauté, ethnicité, région, médiatisation et performance –, ce colloque entend analyser les terrains sportifs comme des espaces où se négocient reconnaissance, légitimité et pouvoir symbolique. Il s’inscrit dans une perspective pluridisciplinaire croisant histoire contemporaine et anthropologie attentive aux dynamiques contemporaines de mondialisation et aux recompositions des appartenances collectives.
Le sport apparaît ainsi non comme un simple produit de la globalisation, mais comme un espace stratégique où s’articulent uniformisation et différenciation, hégémonie et subversion, invisibilisation et revendication identitaire. Les terrains mondialisés deviennent des lieux de tensions, mais aussi d’invention sociale, révélant les recompositions contemporaines des communautés et des frontières ethnoculturelles.
Ces journées privilégieront la séquence qui s’ouvre avec les années 1960 et se continue jusqu’aux années 2020, pour interroger à la fois l’accélération des processus de mondialisation du sport et la montée de revendications nouvelles de différents ordres (minoritaires, identitaires, régionales, etc.) qui en bousculent l’agencement. Elles sont portées par l’initiative SCUM (Sports et Cultures minoritaires) de l’Université de Pau et des pays de l’Adour ( Laboratoires ITEM et MEPS).
Les propositions de communications pourront s’inscrire dans les axes suivants :
Axe 1. Minorités, communautés et usages identitaires du sport
Axe 2. Corps sportif minoritaire : expériences, techniques et cultures corporelles
Axe 3. Performance, modernité et critique du modèle sportif dominant
Modalités de soumission des propositions
Les propositions de texte, rédigées en anglais ou en français, sont soumises sous forme de résumé comprenant entre 200 et 300 mots avec mention de l’axe envisagé.
Chaque proposition doit indiquer les éléments ci-après : nom(s) et prénom(s) de l’auteur·ice/des auteur·ices, affiliation institutionnelle, statut, adresses électronique et téléphonique, toute autre référence permettant d’identifier l’auteur à l’international.
Adresses et délai :
Les propositions sont à envoyer avant le 1er septembre à : loic.artiaga @ univ-pau et loic.de-la-croix @ univ-pau.fr.
Le programme sera communiqué le 15 septembre.
Bibliographie indicative
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