Musées-mémoriaux : Construire une mémoire partagée ?

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Identités, Territoires, Expressions, Mobilités (ITEM)
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Musées-mémoriaux : Construire une mémoire partagée ?Journée d’étude

 

Salle du Conseil du Bâtiment des Lettres de l’UPPA

Dans le cadre du Projet  Incitatif à la  Recherche « La Mémoire des camps d’internement des années de la Seconde Guerre mondiale : étude muséographique et muséologique des mémoriaux européens », et à la suite des rencontres qui ont eu lieu les 15 et 16 février dernier à l’UPPA, le laboratoire ITEM organise le 12 octobre une journée d’étude intitulée « Musées-mémoriaux : construire une mémoire partagée ? »

Depuis une trentaine d’années, la transmission de l’histoire des camps d’internement de la Seconde guerre mondiale est entrée dans une phase muséale.  Il ne s’agit plus seulement de donner à comprendre des faits, comme le ferait un médium livresque, ni de rappeler à la mémoire, comme le ferait un simple monument, mais de donner à voir, et peut-être ressentir, des réalités particulièrement douloureuses dans l’espoir de faire accéder, au travers d’une expérience, à une prise de conscience active.  Face à un tel dessein, le risque est grand de glisser dans l’exhibition complaisante du drame, non moins grande la tentation d’adopter certains des procédés expérimentés dans la sphère du divertissement ou de reprendre, inlassablement, des dispositifs stéréotypés.

La journée d’étude qui se déroulera le 12 octobre se donne pour objectif de réfléchir de façon plus approfondie à la question de la participation du public à ces entreprises mémorielles. Quelle expérience est-il appelé à vivre ? Quel parcours lui propose-t-on de suivre, entre images et objets, écrits et témoignages oraux ? Que lui donne-t-on à voir et sous quelles formes ? Au-delà de l’injonction lénifiante  au « devoir de mémoire », comment concevoir des modes de partage permettant au  public de prendre part, bénéficier et contribuer à l’élaboration d’une mémoire partagée de ces événements, sans pour autant porter atteinte à la scientificité historique et à la véracité des faits ? De quelles manières établir un pont entre un discours savant et les représentations flottantes qui habitent les visiteurs, qu’il s’agisse de descendants de victimes, d’habitants des environs, de scolaires ou de simples touristes de passage ? Tenter de répondre à ces questions suppose de croiser des considérations muséographiques et esthétiques, des données historiques et épistémologiques, mais aussi des réflexions psychologiques, morales et politiques.  On ne saurait manquer d’évaluer le rôle que, dans ces divers processus et interactions, est susceptible de jouer la création artistique, ni d’examiner les outils de médiation mis en œuvre, tout particulièrement numériques.

Inscrit dans le programme des séminaires transversaux

Organisation : Jean-Luc Poueyto, Sabine Forero, Christel Venzal

 

Programme de la journée d'étude