L’exploitation du sel de Salies-de-Béarn

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L’exploitation du sel de Salies-de-Béarn de la Protohistoire à l’époque médiévaleApproches croisées de la Géologie, de l’Histoire et de l’Archéologie

Séminaire

(Contextes d'émergence des eaux salifères sur l’anticlinal de Léren,

et leurs modalités d'exploitation).

 

18 et 19 janvier 2018,

Salon Bleu et salle de la Rotonde,

centre des Congrès de Salies de Béarn

 

Un programme collectif de recherches a été mené entre 2013 et 2015 (dir. P. Marticorena, TRACES UMR 5608), avec pour objectif l’identification d’indices d’exploitations saunières les plus anciens possibles sur la commune de Salies-de-Béarn. Le postulat initial supposait, par la concentration remarquable d’outils lithiques socialement valorisées (haches allochtones en fibrolite notamment), les prémisses d’exploitations des eaux salées dès le Néolithique final et la mise en place de circuits d’échanges de biens à fortes valeurs ajoutées. Des sondages manuels, ponctués de sondages mécanisés plus profonds, ont surtout concerné les sites archéologiques déjà identifiés et leurs abords, en recherchant des restes d’activités saunières par horizons sédimentaires distincts.

Un second programme collectif de recherches se concentre désormais sur les conditions d'émergences des eaux salifères et sur les modalités techniques de leur exploitation.

La zone d’étude est cette fois élargie, concernant l’ensemble des communes recouvrant l'anticlinal de Léren (Auterrive, Carresse-Cassaber, Leren, Saint-Dos, Saint-Pé-de-Léren, Salies-de-Béarn). C’est en effet sur toute la surface de cet ancien diapir perçant que les différentes composantes de l’horizon triasique (ophites, gypses, argiles, sels…) sont faiblement enfouies, en fonction de la topographie et des épaisseurs des dépôts fluviatiles qui les recouvrent. Cette histoire géologique complexe concourt à des remontées d’eaux parfois fortement chargées en chlorures de sodium sur toute la superficie de 45 km² environ sur lesquels s’étend cet anticlinal. Seuls les taux de salinités peuvent varier.

Or un rapide état des lieux archéologique traduit une forte densité d’activités saunières protohistoriques et antiques à l’est de la zone d’étude, en contradiction avec l’étendue potentielle des ressources salifères réparties sur tout l’anticlinal.

Il est donc fondamental d’évaluer les possibilités passées d'accès à l'eau salée. Ce n’est qu’à cette condition que nous interpréterons les interactions entre les ressources directes (émergences naturelles de surface), les zones favorables à la mise en place de systèmes plus élaborés (puits, adductions etc…) et les implantations archéologiques réellement avérées à ce jour.

C’est donc un projet ambitieux fondé sur des approches géologiques, géophysiques, pédologiques, hydrogéologiques qui se met en place. Une meilleure connaissance des couvertures sédimentaires, de la géométrie des dépôts et ses évolutions, des circulations hydrographiques permettra de tenter un zonage des secteurs les plus propices.

Enfin, la réalisation récente d’opérations d’archéologie préventive (INRAP), a permis d’exploiter une partie des données mises au jour anciennement mais restées inédites. Les connaissances acquises nous orientent vers deux problématiques :

-                      Une clarification des chaines opératoires et de leur évolution sur plus d’un millénaire (âge du Bronze/Epoque Antique)

-                      Une recherche sur les débouchés possibles de la production de sel. Des liens étroits avec l’élevage et la fabrique de salaisons sont ainsi supposés.

Ces travaux permettront d’inscrire le site de Salies-de-Béarn dans une dynamique globale reliée au nord de la péninsule Ibérique avec laquelle des liens semblent pouvoir être établis.

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