Génétique et anthopologie

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Génétique et anthropologieAnthropologie politique dans le bassin du Congo : la portée des images sonores

L’équipe Manuscrits francophones organise le séminaire :

                                    GENETIQUE ET ANTHROPOLOGIE

Séance du vendredi 7 décembre 2018 14h30-16h30

Anthropologie politique dans le bassin du Congo : la portée des images sonores

Abel KOUVOUAMA, Joseph TONDA, Patrice YENGO

Lieu : ENS ULM, salle de réunion sous-sol pavillon Pasteur, 45 rue d’ULM, 75005 Paris

 

 Abel KOUVOUAMA

Pratiques de terrain et images sonores dans le bassin du Congo

Ce que les images sonores donnent à comprendre et à entendre dans la chanson et la musique congolaise de variétés comme matériau de terrain interpelle le chercheur dont la démarche réflexive le pousse à analyser la société dans laquelle il vit avec un effort d'objectivité scientifique, et en ayant conscience que le « terrain scientifique » peut être également celui de l'expérimentation sociale. Les matériaux accumulés ici pour notre séminaire proviennent de la littérature écrite et orale congolaise en langue nationale, le lingala. Ce sont des textes écrits et chantés, en somme des choses écrites et dites qui sont des manières de dire et de faire ; c’est-à-dire, une technique et des arts de vivre au sens foucaldien.

Abel Kouvouama est un anthropologue spécialiste de l'Afrique centrale, il est professeur à l’université de Pau et des Pays de l’Adour (Laboratoire ITEM-UPPA).  Abel Kouvouama a étudié les rapports entre les arts populaires et la vie politique à Brazzaville. Ses recherches actuelles portent sur les phénomènes de protestation collective, les rapports entre religion et politique en Afrique centrale. Il est notamment l’auteur de Une histoire du messianisme : un monde renversé (Karthala, 2018).

 Joseph TONDA

La double écriture, ou la hantise du syndrome du prophète 

 Les prophètes sont des producteurs de récits que les sciences humaines se préoccupent de convertir en récits scientifiques, exprimant ainsi leur dette à l’endroit de ces créateurs de réalités. Et c’est parce que cette dette est inextinguible, que le sociologue et l’anthropologue, hantés par le syndrome du prophète, éprouvent au fond d’eux-mêmes une douloureuse insatisfaction de leur travail de conversion de la réalité créée par le geste prophétique en objet de connaissance scientifique. Il y a en effet ce reste inépuisable du discours de l’Autre créateur de réalité que l’on ne saurait dompter qu’en se lançant soi-même dans cette aventure de la double création, qui peut prendre la forme de la fiction littéraire, ou celle du film documentaire ethnographique que l'on produit soi-même ou que la production du scientifique inspire, redoublant ainsi la force de ses manuscrits.  Entreprise très risquée, disent les spécialistes.  Et pourtant, entreprise d’une longue histoire, que Jean Rouch, par exemple, a marqué de son empreinte. Peut-être que finalement, l’ethnologue, le sociologue, l’anthropologue, l’écrivain et le prophète sont-ils tous par leur travail en double, des Maîtres fous ? 

Joseph Tonda est sociologue et anthropologue, spécialiste de la culture, de la société et de la politique congolaises et gabonaises. Il est actuellement professeur de sociologie à l'Université d'Omar Bongo à Libreville. Joseph Tonda est l'auteur notamment de L’impérialisme postcolonial, critique de la société des éblouissements, paru en 2015 chez Karthala.

 Patrice YENGO

Épigénétique du prophétisme scripturaire congolais. Autour de Chimpa Vita de Sony Labou Tansi

Tchicaya U Tam'si, Sony Labou Tansi, prophètes scripturaires ; la cause est entendue. Et si c'était l'écriture elle-même qui était symptomatique du syndrome du prophète dans ce Bassin du Congo où elle apparaît dans le sillage du christianisme ? En partant de « Chimpa Vita », figure prophétique qui hante l'écriture congolaise sous toutes ses formes (anthropologie, sociologie, poésie, théâtre, roman...) et dont Sony Labou Tansi fera l'héroïne d'une de ses pièces inachevées, nous essaierons d'esquisser les linéaments d'un phénomène auquel nous-mêmes (ici présents) semblons associés.

Patrice Yengo, anthropologue, est chercheur associé à l’Institut des mondes africains de l’EHESS. Enseignant en pharmacologie à la faculté de médecine de Brazzaville, il s’est ensuite orienté vers l’anthropologie médicale puis politique. Il a soutenu une thèse en anthropologie politique, suivie d’une habilitation à diriger des recherches, et d’une résidence à l’Institut des études avancées de Nantes (2010-2012). Dernier ouvrage : Les mutations sorcières dans le bassin du Congo – Du ventre et de sa politique aux éditions Karthala en 2016.