Passages et frontières en Aquitaine

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Passages et frontières en Aquitaine : expériences migratoires et lieux de transit (XIXe-XXIe siècle)

Présentation scientifique du projet PassFront

Le projet Passages et frontières en Aquitaine (xixe-xxie siècle) vise non pas à proposer une histoire au long cours de l’immigration en Aquitaine, mais à centrer la réflexion sur des aspects jusqu’à ce jour relativement peu explorés. En effet, outre que l’on dispose déjà d’un certain nombre de publications sur l’immigration en tant que telle, il s’agit en réalité d’envisager, dans le cadre d’une collaboration originale entre chercheurs universitaires, institutions muséales et acteurs associatifs, l’histoire et la patrimonialisation de quelques uns des lieux significatifs par lesquels les migrants (émigrants, exilés, réfugiés, contrebandiers, travailleurs) ont transité en Aquitaine depuis le début du XIXe siècle. L’approche ne saurait être exhaustive et privilégiera certaines époques et certains lieux.

Les lieux de transit, qui peuvent être aussi des lieux de contrôle, de rétention, voire de sédentarisation plus ou moins durable, se situent pour certains aux frontières proprement dites : c’est le cas des routes de contrebande, postes de douane ou « dépôts-frontières » (pendant la Première Guerre mondiale). D’autres, plus éloignés des frontières terrestres, sont plus ou moins spécifiquement mobilisés par les migrants dans leur mobilité : ports, gares, aéroports, routes nationales (en l’occurrence la RN10 pour l’Aquitaine). Enfin, il y a les lieux destinés au séjour des migrants, souvent caractérisés par des formes de précarité, une précarité parfois durable au demeurant : « dépôts » (première moitié du xixe siècle), camps, regroupements, bidonvilles, mais aussi hôtels et garnis. L’espace aquitain, qui n’est pas habituellement considéré comme une grande région d’immigration à l’instar de la région parisienne, du Nord ou du Midi méditerranéen, peut donc constituer un « terrain » tout à la fois pertinent et original pour l’analyse de ces enjeux historiques.

Ces lieux de passage ont fait l’objet d’un traitement mémoriel et historique contrasté. Si, pour ces parcours migratoires, les ports – et plus particulièrement celui de Bordeaux – ont été étudiés, les autres l’ont été nettement moins. S’il peut exister, ici et là, des études d’érudits locaux, en revanche, il n’existe pas de publication récente d’ensemble. La série Série L’Aquitaine, terre d’immigration (Publication de la MSHA) date des années 1980. Il existe donc un réel besoin de recherche historique, justifié par l’existence de fonds parfois importants dans les archives départementales. On connaît assez bien désormais l’histoire du camp de Gurs tandis que celle des lieux d’internement de la Seconde guerre mondiale émerge comme objet récent de recherche ; en revanche, l’histoire des dépôts de réfugiés, des groupements et campements de travailleurs étrangers (pendant la Première Guerre mondiale), des camps de travail (Bergerac), des camps de « rapatriés » (Bias, Sainte-Livrade) reste encore très largement à écrire. Les filières d’émigration (vers les Amériques notamment), le rôle transitaire de l’espace aquitain ou, à une autre échelle, les lieux de transit, n’ont été que partiellement abordés par les historiens. Néanmoins, on assiste depuis quelques années à une forme de réveil mémoriel en grande partie dû à des initiatives venues d’associations, ce qui pose la question de la patrimonialisation de ces lieux de passage.

L’ampleur du sujet exige cependant que soient privilégiés quelques axes et donc un phasage particulier. C’est essentiellement autour des expériences migratoires et des lieux de transit – de leur histoire et de leur patrimonialisation –  que s’organiseront les travaux d’une équipe pluridisciplinaire (histoire, anthropologie, sociologie) composée de chercheurs français et espagnols.

Réalisations prévues

Quelques objets et périodes de recherche ont déjà été fixés, mais qui pourront évoluer en fonction de l’apport des chercheurs intéressés et des résultats des enquêtes dans les archives notamment :

  • les dépôts de réfugiés en Aquitaine au XIXe siècle
  • la Première Guerre mondiale (travailleurs étrangers et coloniaux, réfugiés, prisonniers de guerre, blessés..)
  • étude de moyenne durée sur les lieux d’internement et de regroupement des étrangers mais aussi des « rapatriés » en Aquitaine (XXe siècle)

Dans cette optique, l’équipe de recherche (une quinzaine de chercheurs, une ingénieure de recherche, des techniciens, etc), en collaboration étroite avec le Musée d’Aquitaine (Bordeaux) et le Rahmi (Réseau aquitain pour l’histoire et la mémoire de l’immigration) mettra en œuvre une politique volontariste de diffusion et de valorisation de la recherche auprès d’un public le plus large possible :

  • deux journées d’études et deux journées de travail rassembleront les chercheurs, dont les travaux feront l’objet d’une publication.
  • une collecte exhaustive dans les archives publiques et privées (départementales, nationales) sera lancée et fera l’objet d’une publication ;
  • une vaste bibliographie collaborative et une cartographie des lieux de transit seront réalisées et disponibles sur les sites internet des partenaires. En outre, sera dressée la liste des différentes associations travaillant sur la mémoire des lieux de passage et plus particulièrement des lieux d’internement.
  • deux expositions itinérantes sont prévues : l’une est déjà montée (Sala de Espera, composée à partir des travaux du photographe Gabriel Martinez sur les immigrants portugais en gare d’Hendaye, musée d’Aquitaine), l’autre sera une création originale.

Fonctionnement général et financement

La coordination scientifique sera assurée par le porteur du projet (Laurent Dornel) qui assurera le pilotage des trois « équipes » de chercheurs (aquitains, nationaux, étrangers) et organisera le volet scientifique de la journée et demie d’études (2017) puis du colloque final (2018).

Le Rahmi s’occupera plus particulièrement de la coordination des associations et des acteurs institutionnels :

  • Archives départementales sauf AD64
  • Municipalités : Hendaye, Irun, Bayonne, Agen (Archives municipales), Villeneuve-sur-Lot., Mérignac, Archives municipales Bordeaux (Association Mémoire de Bordeaux)
  • Autres musées comme l’écomusée de Marquèze
  • Bibliographie collaborative [en lien avec notre ingénieure d'études] : Zotero
  • Politique de diffusion auprès de publics variés (scolaires par exemple, avec des « malles pédagogiques »).

musée d’Aquitaine

  • prendra en charge l’organisation des manifestations « visuelles » (expositions).
  • pilotera en particulier la commande de la création artistique. Les membres présents s’accordent sur le fait que cette création serait rattachée au musée d’Aquitaine, lieu idéal de valorisation et de diffusion des œuvres artistiques. Cette précision était déjà mentionnée dans le projet soumis au Conseil régional qui en a validé la pertinence.  
  • accueillera par ailleurs la première journée d’études.

Phasage

  • printemps 2017, Bordeaux (musée d’Aquitaine) : une journée et demie d’étude avec les membres du projet portant sur l’état des sources disponibles/dépouillées, l’avancement des recherches et la définition des axes majeurs qui structureront le colloque terminal (l’appel à communication pour ce dernier sera rédigé à l’issue de cette première journée).
  • début 2018, colloque final, Pau. Présentation de l’exposition Sala de Espera à Pau (lieu encore à définir).
  • Automne 2018 : présentation de la création originale à Bordeaux (puis à Pau), des résultats (bibliographie, cartographie, publication scientifique).

Equipe scientifique

Laurent Jalabert (Historien, UPPA, ITEM), Victor Pereira (Historien, UPPA, ITEM), Mixel Esteban (Doctorant en histoire, UPPA, ITEM), Alexandre Fernandez (Historien, Université de Bordeaux, CEMMC), Emmanuel Filhol (Anthropologue, Université Bordeaux, SPH Bordeaux) Alexandra Clavé-Mercier (Anthropologue, Université Bordeaux, LAM), Marc Bernardot (Sociologue, Le Havre, CIRTAI), Delphine Diaz (Historienne, Université de Reims, CERHIC), Alexandre Dupont (Historien, Université Aix-Marseille, TELEMME), Adèle Sutre (Doctorante en histoire, EHESS, CRH), Roberto Ceamanos Llorens (Historien, Université de Saragosse, coordinateur du projet pour l’Espagne), Diego Gaspar Celaya (Post-doctorant en histoire, Université Alcalà Madrid), Chabier Gimeno Monterde (Sociologue, Université deSaragosse), Pablo Aguirre Herrainz (Doctorant en histoire, Université de Saragosse), Javier Mur Royo (Doctorant en histoire, Université de Saragosse), José Antonio Perales (Anthropologue, Université Publique de Navarre).