Territoires, mobilités

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Identités, Territoires, Expressions, Mobilités (ITEM)
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Axe I : Territoires, mobilités

A/ Hommes et espaces dans la longue durée

Coordinateurs : François Réchin et Mélanie Le Couédic

Ce sous-thème cherchera à analyser les logiques qui président à la production de l’espace depuis la Protohistoire jusqu’à  nos jours. Sur le plan géographique, la montagne constituera le cadre référent principal à l’intérieur des régions atlantiques. Une réflexion interdisciplinaire, fortement axée sur l’analyse transfrontalière, sera alimentée par l’étude de sources diverses (archéologiques, historiques et anthropologiques) dans une perspective d’histoire environnementale. L’étude des espaces ruraux dans la longue durée (montagnes, zones humides, piémonts) sera particulièrement privilégiée tout au long du futur contrat.

1 - Construction de l’espace rural entre montagnes et plaines

Sociétés et paysages de montagne

Plusieurs programmes consacrés aux montagnes déjà en cours seront appelés à se développer. Ils porteront à la fois sur les sites, les paysages, les mobilités pastorales et les territoires d’altitude. Ces travaux portent sur les transformations de l’occupation de l’espace montagnard dans la longue durée, à plusieurs échelles.

  • A micro-échelle, les modalités d’exploitation des espaces collectifs (estives, bois, communs) et les modifications du paysage qu’elles engendrent seront étudiées à Larrau en Soule en collaboration avec les chercheurs de l’université d’Athens (Etats-Unis) dans le cadre d’une Coopération Internationale (programme de la National Geographic Society 2014-2020) et en vallée d’Ossau (en coopération avec Terrae-Framespa, Univ. Toulouse Jean-Jaurès, 2016-2020).
  • A une échelle plus large, l’exploitation pastorale des montagnes sera envisagée de manière comparative et diachronique, en croisant les données acquises sur plusieurs terrains. La mise en série des données a débuté, en lien avec des chercheurs espagnols (CSIC et Universités de Barcelone), sous l’impulsion d’un réseau de la Communauté de Travail des Pyrénées ; elle sera étendue à d’autres massifs (Alpes et montagnes méditerranéennes) dans le cadre d’un projet international, de type ANR ou européen (2016-2020). Ces sites et paysages seront confrontés à la question de la gouvernance des territoires et de la gestion des troupeaux et des ressources naturelles, dans la longue durée. Les contrats de compascuité seront mis en série à l’échelle de la chaîne pyrénéenne et spatialisés dans un Système d’Information Géographique (SIG), commun à la base de données des sites pastoraux d'altitude.
Occupation et exploitation des zones humides

 Les zones humides font partie des écosystèmes actuellement les plus menacés et les plus convoités. Elles constituent un véritable enjeu sociétal. Deux terrains les marais charentais (17) et le pays grenadois (40), seront étudiés sous l’angle de l’exploitation des ressources naturelles.

  • Les zones humides charentaises : Un premier angle d’analyse concernera l'organisation et le peuplement de ce territoire. Un second se rapportera à l’étude des marais salants et aux autres productions. Cette approche des modes de vie et des sociétés littorales conjuguera des travaux sur des sites archéologiques et des études archéozoologiques notamment par l’exploration du site de Broue (2015-2017), (en coopération avec le ministère de la Culture). En outre, une approche archivistique permettra de suivre l’évolution de la mainmise foncière sur le milieu à l’époque moderne dans la continuité de l’étude des cabanes de marais (étude spatiale, historique et archéologique) menée entre 2013 et 2016.
  • Le pays grenadois fera aussi l’objet d’une approche interdisciplinaire (anthropologique, historique et archéologique) des pratiques et des savoirs liés aux saligues de l’Adour dans le cadre de programmes de recherche développés avec les collectivités territoriales (2014-2020). Une démarche systémique et spatiale (agrosystèmes, aléa de crue, implantation de l’habitat) envisagera la dynamique fluviale comme moteur du développement des sociétés et questionnera le lien entre les territoires et le fleuve Adour, le tout par la longue durée. Il s’agira d’abord d’identifier la nature des actions permettant localement la production et la reproduction des ressources naturelles, dans l’espace et dans le temps. L’observation des savoir-faire et des pratiques vivantes sur les milieux naturels sera privilégiée, afin de conduire une analyse anthropologique des structures sociales qui ont pesé dans l’évolution de ces usages. Les sources écrites amèneront une profondeur historique aux changements plus contemporains intervenus dans l’aménagement de l’espace rural, afin d’estimer les échelles spatiales et temporelles de la résilience des activités humaines. Le travail se poursuivra jusqu’en 2018-2020.
Equilibres territoriaux et usages de l’espace dans les piémonts

Ce projet a pour objectif de mieux cerner les spécificités des espaces de piémont, définis comme les zones de plaine en communication directe avec les montagnes. On étudiera l’utilisation du sol en prenant en considération la nature et la répartition de l’habitat et la question de l’appropriation par le biais des parcellaires, révélateurs des cadastres ou droits d'usage. Une priorité sera donnée à l’analyse des variabilités existant dans les formes de mise en valeur de l’espace (notamment les modalités extensives et temporaires).

Le travail, portera tout au long du contrat à venir sur :

  • L’établissement d’un SIG, sur la longue durée, dans les piémonts occidentaux des Pyrénées.
  • La conduite d’actions de terrain prioritairement pour les époques ancienne et médiévale dans le cadre du futur contrat (2016-2020), puis pour les périodes plus récentes dans l’avenir (2020-25). Le corpus disponible comportant beaucoup de données anciennes, il conviendra de revenir sur certaines catégories d’établissements (ex. : bâtiments agricoles des villae) et certaines zones, par le moyen de nouvelles prospections et fouilles. Deux opérations archéologiques d’envergure sont préparées pour la période 2016-2020 : la première, sur un établissement rural de l’orbite de l’agglomération de los Bañales (Aragon), en liaison avec l’UNED-Tudela (Espagne) avec le soutien de la Casa de Velázquez et du fonds Aquitaine-Aragon (ce qui permettra des comparaisons fructueuses, de piémont à piémont, entre les deux côtés de la chaine pyrénéenne) ; la seconde porterait sur les ateliers céramiques de la plaine de Tarbes (Hautes-Pyrénées), dans une optique diachronique puisqu’elle concernerait à la fois la production d’amphores antiques liée aux villae et les productions médiévales et modernes du même secteur, marqué par une forte tradition potière (démarche archéologique, historique et anthropologique puisque ces productions ont perduré au XXe siècle).

 2 - Les mobiliers : fabrications, échanges et usages

En synergie avec les études d’occupation du sol, l’objectif principal est de déceler les dynamiques qui sous-tendent les répartitions des mobiliers et leurs évolutions dans le temps long. L’approche qui est adoptée vise à spatialiser systématiquement les aspects techniques de la production, les données se rapportant aux marchés, aux usages et influences ainsi que les contraintes socio-culturelles qui entrent en ligne de compte et à les replacer au sein des modèles connus d’implantation humaine et de mise en valeur des territoires.

Céramiques et sociétés en Aquitaine et dans les espaces ibériques

Ces études seront centrées sur l’Aquitaine considérée au sens large du terme, dans une perspective diachronique et transpyrénéenne. Les perspectives les plus novatrices se rapportent plus concrètement aux terrains suivants :

  • Production. Pour l’Antiquité, la question centrale reste celle des productions de vaisselle non tournée si spécifiques aux espaces circumpyrénéens et dont on développera l’étude, en liaison avec les chercheurs espagnols de la SECAH (Sociedad de Estudios de la Cerámica en Hispania). Les ateliers tardo-antiques découverts récemment à Bayonne, liés à la présence militaire (cohorte de Novempopulanie) feront l’objet d’une monographie (2017). Pour le Moyen Âge et l’époque moderne, des progrès considérables sont en cours quant à l’identification et la datation des poteries et seront poursuivis à partir de 2016. Les recherches s’inscriront dans le cadre des Projets Collectifs de Recherche en lien avec le réseau national « Iceramm ». Un point de repère essentiel dans ce domaine est celui de la fouille de Brouage (Charente-Maritime) où l’abondance de la documentation et l’ouverture du site au grand commerce constituent des atouts essentiels (2016-2018).
  • Echanges et faciès de consommation. L’ampleur des échanges transpyrénéens portant sur la vaisselle céramique et sur les produits alimentaires transportés dans des poteries justifie la multiplication des études de cas en France et en Espagne, base indispensable à toute comparaison. Il s’agira de repérer des aires de marchés et des limites de répartition de ces différents produits, tout en déterminant des faciès de consommation dont on tentera de mettre en évidence la répartition spatiale multiscalaire par la longue durée (de l’antiquité au début de l’époque moderne).
Monnaies et circulation monétaire

Les deux piémonts des Pyrénées possèdent des entités politiques qui frappent monnaie depuis la fin du IIIe s. a.c. Depuis cette période et jusqu’aux temps modernes, les contacts se lisent notamment par le biais d’emprunts typologiques et par la dispersion des espèces de part et d’autre du massif pyrénéen. Dans le cadre des activités du laboratoire, les époques anciennes et médiévales seront privilégiées. L’objectif est d’identifier les ateliers émetteurs, de définir la nature et le sens des flux et de renseigner les valeurs monétaires en circulation. Des analyses métalliques pourront aider à appréhender les sources d’approvisionnement en métal (notamment pour les monnaies d’argent  gauloise et Ibériques). Outre un partenariat spécifique avec la Casa de Velázquez, comme pour les poteries, des partenariats forts sont établis avec les principaux acteurs de l’archéologie préventive des régions concernées. L’accent sera mis sur :

  • l’étude des lots monétaires découverts en altitude (passages de cols et habitats de grottes), qui témoignent de déplacements humains, de pratiques montagnardes ou encore d’échanges commerciaux transfrontaliers, permettra une meilleure approche, sociale et politique, des populations qui fréquentent la montagne.
  • les périodes de transition, moments où se cristallisent les tensions politiques et les clivages territoriaux. Ces périodes concernent l’apparition de la frappe monétaire dans l’aire aquitaine, le remplacement des émissions indigènes par la monnaie impériale romaine, le passage de l’économie monétaire tardo-antique à celle du haut Moyen Âge.

 

B/ Migrations humaines et culturelles 

Coordinateurs : Sabine Forero Mendoza, Victor Pereira, Laurent Dornel

Les territoires – quelles que soient les échelles à partir desquelles on les saisisse –sont des lieux de production et d’ancrage des identités collectives, ces dernières résultant de processus qui tendent généralement à fabriquer de l’autochtone, du même, de l’identique. Mais on sait aussi que les mobilités et l’ouverture à l’autre, au différent voire à l’étranger constituent les conditions mêmes de la dynamique et de la permanence des sociétés qui vivent dans ces territoires et, par conséquent, participent de manière essentielle à leur structuration. De fait, les cultures ne sont pas des entités fermées ou définies une fois pour toutes, mais des constructions en constante recomposition et de transformation, objets d’incessants déplacements, décentrements et transferts. Toute migration met en contact des territoires et des cultures distincts : il en résulte des influences croisées, des métissages et diverses formes d’hybridation. Ce sous-thème entend analyser les mobilités humaines, qu’elles soient occasionnelles ou permanentes, voulues ou forcées, mais aussi les transferts culturels, artistiques, scientifiques, techniques ou économiques qui les accompagnent. Les migrations seront abordées dans la totalité de leur morphologie (émigration et immigration).

Les recherches à venir s’inscriront dans la continuité du précédent contrat et seront articulées à l’axe stratégique de l’UPPA (« Espace, Frontières, Métissages »), sans pour autant s’y limiter.

1 - Passage(s) et migrations

La question des migrations sera reprise à travers le prisme du passage à la suite du séminaire annuel du master recherche consacré au thème de la frontière tout au long du précédent contrat.

Si les travaux sur les passages de la frontière pyrénéenne dans la longue durée seront poursuivis ; ceux autour d’un espace migratoire plus vaste (grande traversée atlantique, par exemple) seront approfondis pour les époques modernes et contemporaines. L’expérience de la migration à partir des récits des migrants et, tout particulièrement à partir du matériau accumulé dans le cadre des programmes sur l’émigration en Argentine, sera un point de départ. Des programmes de recherche sont envisagés à l’horizon 2016 avec des partenaires nationaux (Bordeaux-Montaigne, Toulouse Jean-Jaurès, Nantes, La Rochelle par exemple), ou internationaux (Saragosse, Lisbonne, Quilmes en Argentine).

La question du passage pose naturellement celle de ses lieux : postes frontières, douanes, bureaux d'immigration créés pendant la Première Guerre mondiale (localement à Hendaye), camps (Gurs, Bayonne, Hendaye), les gares et ports. Ceux-ci n’ont pas été encore systématiquement étudiés d’un point de vue archéologique, historique ou architectural et seront un axe central du prochain contrat (2016-2020). La question de leur patrimonialisation sera traitée en lien avec le sous-thème 2.2.

Points d'identification, de vérification ou d’octroi d’identité et de surveillance, les lieux de passage déterminent encore des zones de refuge mais aussi des espaces de relégation sociale ou politique. Leur caractérisation comme refuge permettra de réexaminer les mobilités religieuses, notamment au moment des Réformes (dans le cadre d’un partenariat à créer avec l’université de Montpellier 3 et deux universités espagnoles, Autónoma de Barcelone et Complutense de Madrid). Le thème de la relégation favorisera des contacts avec d’autres unités de recherche (Migrinter à Poitiers, Telemme-MMSH à Aix-en-Provence, Université de Saragosse) travaillant sur les mineurs migrants non accompagnés.

Enfin, le thème du passage s’articulera avec celui des transferts culturels et techniques dans le cadre d’un projet sur les circulations migratoires et les transferts politiques, culturels et techniques entre la France et l’Argentine qui débutera en septembre 2015 (Universités de Quilmes et La Plata, Université du Pays Basque, Université de Saragosse). Les transferts de savoirs et savoir-faire techniques dans le domaine agricole seront notamment particulièrement abordés au travers de deux terrains. Le cas de la péninsule ibérique romaine, où l’immigration italienne a été assez importante dans certaines régions, est caractéristique de l’introduction de nouveaux modes de production et d’un développement agricole tout à fait remarquable qui méritent d’être mieux étudié (2018-2020). Le cas des « petits vignobles », objet d’un programme de recherche du laboratoire (2014-2024), y sera rattaché car la viti-viniculture argentine doit beaucoup aux transferts techniques opérés par des artisans français (cuivre), par des agronomes, etc. Ce point sera développé avec le laboratoire CEAR de l’université de Quilmes.

2 - Migrations de travail, migrations de guerres

Les migrations de travail ou de celles résultant de conflits ont déjà fait l’objet de recherches (« La Deuxième Guerre mondiale dans les Basses-Pyrénées », « Migrations modernes et contemporaines entre l'Aragon et l’Aquitaine XVIIe-XXe siècles », programme européen RECURUT avec l’Université de Saragosse) qui seront approfondies.

  • Guerres, conflits et migrations : bien des migrations (exils ou refuges) sont historiquement liées aux guerres et aux conflits. Nous proposerons d’étudier la place particulière de l’Aquitaine dans l’histoire de ces migrations, à deux époques. La péninsule Ibérique antique constituera un premier terrain, dans la mesure où les conflits de la fin de la République ont entraîné le développement d’un courant migratoire vers la péninsule qui a revêtu plusieurs formes : une forme spontanée et une forme organisée, destinée autant à la maîtrise d’un territoire plus ou moins hostile qu’au soulagement des tensions internes à l’Italie du Ier siècle av. J.-C. Ce projet transfrontalier sera mené à compter de l’année 2018. Un projet de recherche « Guerres et migrations en Aquitaine », réunissant des modernistes et des contemporanéistes, sera déposé en 2017 auprès des collectivités territoriales de la région en lien avec des partenaires bordelais.
  • Migrations de travail. L’Aquitaine est un espace très ancien de migrations de travail, tant comme bassin émetteur que comme bassin récepteur. L’émigration des basco-béarnais vers l’Aragon ou vers les Amériques peut encore faire l’objet d’approfondissements. Dans le monde rural, l’histoire des saisonniers ou migrants de plus longue durée (notamment espagnols) depuis l’époque moderne jusqu’à une période plus récente, tout comme celle des travailleurs étrangers dans les transports (chantiers de chemin de fer), du bâtiment (terrassiers pour la construction des stations thermales ou balnéaires) et l’industrie pourront être reconsidérées. Est envisagée une collaboration avec le Musée d’Aquitaine (exposition) autour de la question des étrangers en Aquitaine (2016-2018).
  • Genre et identités en migration : ce dernier sous-axe analysera d’abord les transformations et la renégociation des identités politiques en migration. Quel produit la migration (surtout quand elle prend la forme de l’exil politique) sur les identités politiques ? Quels effets résultent des arrivées d’exilés dans un espace donné ? La seconde perspective débouche sur une analyse genrée des migrations. Ce point sera développé en fin de contrat (2019-2020).

3 - Retour(s)

Paradigme matriciel dans la religion (le messianisme, le millénarisme), rituel militaire (le retour des armées triomphantes ou vaincues), horizon d’attente chez bien des exilés ou des migrants (le retour au pays, réalisé ou toujours repoussé), le retour n’est jamais un retour au même, à l’identique. Traversée du temps, reconfiguration de l’espace, il brouille et renouvelle les frontières humaines, culturelles ou politiques. Le retour invite à interroger, en quelque sorte à rebours, la rupture réelle ou symbolique d'un ordre familial, social, économique ou esthétique présenté comme « naturel ». S’il peut apparaître comme une tentative de réparation d’un désordre de nature variable, s’il peut être une forme de célébration, d’accomplissement de soi voire de restauration d’une harmonie perdue, le retour génère toujours des dynamiques et des désordres multiples.

De façon plus précise, il peut d’agir du retour des Huguenots. Mais ce sont aussi les retours (réussis ou ratés) des émigrés basco-béarnais comme Bellemare et Peyret, ceux des artisans d’Hasparren, ceux des prisonniers de guerre, ou, à une autre échelle, ceux des exilés politiques en France, en Espagne ou en Argentine. La question des retours forcés ou de l’expulsion, notamment des travailleurs étrangers au lendemain de la Première Guerre mondiale ou pendant la crise économiques de la fin des années 1920, est riche de questionnements : qu’est-ce qu’une société ou un pays qui cherche ainsi à se défaire de l’autre ? Peuvent enfin être étudiés les effets des retours sur la société de départ : effets économiques, spatiaux, mais encore culturels (l’essor d'un imaginaire de l’émigration ou du départ). Les retours participent ainsi à la construction d’une mémoire des migrations pouvant être définie comme élément du patrimoine immatériel d’un espace déterminé, local, régional ou national.

La thématique du retour, initiée en septembre 2014 par le laboratoire ITEM dans le cadre de la Fédération EFM de l’UPPA sera développée tout au long du futur contrat quinquennal par le biais d’approches internationales comparées et sera l’objet de projet de recherche nationaux (ANR) ou internationaux (Européens).

4 - Transmissions, transitions, altérités

En se déplaçant, les hommes transportent avec eux des techniques, des savoir-faire, des modes de vie, des usages, des savoirs et des connaissances, mais aussi des objets et des œuvres qui manifestent les ressources matérielles des territoires où elles sont nées, qui témoignent de choix formels et de normes du goût propres à une communauté et qui transmettent certains aspects des représentations et des croyances partagées. Au travers des transmissions interculturelles, de nouvelles identités se forgent et de nouveaux liens sociaux se définissent tandis que des phénomènes d’échange et d’adoption, de greffe et d’hybridation, de mélange et de métissage s’opèrent. L’analyse de ces faits intéresse l’histoire de l’art tout autant que l’anthropologie et l’histoire.

Deux actions de recherche tenteront de donner un sens plus précis aux phénomènes de transmission et de transition, notamment dans le domaine artistique:

  • La première action, de nature épistémologique, s’interrogera sur les divers paradigmes d’écriture de l’histoire de l’art à partir des concepts qu’ils mettent en œuvre, notamment : évolution, rupture, mutation, transition, survivance… au sein d’un réseau européen, (Université Complutense de Madrid et de l’Université de Milan).
  • La seconde action entend mener une réflexion sur la notion de style à travers des champs disciplinaires divers et complémentaires (histoire de l’art, archéologie, littérature, anthropologie, histoire, sociologie, linguistique, etc.) afin de proposer une (re)définition de la notion de style. La diversification des styles s’opère, et sans exclusive mutuelle, sur les trois coordonnées du temps, du lieu et du milieu, le caractère majeur du style étant d’introduire le particularisme dans la capacité à fabriquer, à créer. Le style, s’il donc est une façon d’appartenir à un temps, à un lieu et à un milieu, est aussi une façon d’appartenir à d’autres temps, lieux et milieux que ceux où l’on vit physiquement. Le style est un choix par rapport à l’autre, aux autres ; il est objet, cause, résultat de transitions et de transmissions entre des artistes, des artisans, des populations, des cultures, il est marqueur d’identité(s).
  • La thématique de l’altérité, évoquée à plusieurs reprises dans le cadre du séminaire « Frontières » sera de nouveau au cœur de la réflexion collective afin de favoriser des recherches tout à la fois pluridisciplinaires et transhistoriques. Les processus identitaires fabriquent de l’inclusion et de l’exclusion, du « nous » et du « eux ». C’est donc la question de l’autre qui est posée. L’autre, autrement dit celui qui, a priori, est symboliquement, politiquement, socialement etc. en dehors du territoire, dont la  religion est autre (thème de la coexistence et de la tolérance religieuse) ou la nationalité différente (thème de la xénophobie notamment).